Exercice physique et immunité

Auteur : Divi Cornec - MCU, Mayo Clinic, Rochester, Minnesota, USA

Le système immunitaire est l’ensemble des moyens de défense que notre organisme met en place pour combattre les agressions, comme les infections ou les tumeurs par exemple.

 

Il est constitué de cellules (principalement les différents types de globules blancs), et de molécules (comme par exemple les anticorps). Ce système est contrôlé par de multiples mécanismes pour assurer son bon fonctionnement : s’il est trop faible il y a un risque accru d’infections ou de tumeurs, et à l’inverse s’il est trop actif il y a un risque de développer des maladies auto-immunes.

 

Les conséquences de l’exercice physique sur le système immunitaire ont été étudiées depuis de nombreuses années, avec des résultats qui peuvent sembler parfois discordants. L’activité physique peut modifier le système immunitaire de multiples façons. Pour mieux comprendre les liens entre activité physique et immunité, il faut absolument distinguer 2 situations différentes : l’activité physique intense des grands sportifs (et les efforts ponctuels soutenus), et l’activité physique régulière de la vie quotidienne ou du sportif de loisir.

 

Un effort physique intense entraîne lors de sa réalisation et lors de la récupération une certaine inflammation, notamment liée à la souffrance des cellules musculaires qui sont soumises à des contraintes importantes. On voit pendant un effort augmenter les taux sanguins de certains globules blancs et d’autres marqueurs d’inflammation, et cela pendant plus de 24 heures après l’arrêt de l’effort. A l’inverse, d’autres globules blancs extrêmement importants dans les premières défenses contre les microorganismes diminuent pendant les heures qui suivent un effort intense. Les taux d’anticorps dans le sang ont tendance à diminuer progressivement chez les athlètes aux cours de la saison sportive, puis à remonter lors de la trêve. Des études ont montré que des athlètes qui préparent un marathon pourraient avoir un risque d’infection respiratoire augmenté, voire même doublé, du fait de leur entraînement intensif. Ce type d’activité sportive intense entraîne donc un « stress » du système immunitaire, qui pourrait en altérer le fonctionnement.

 

A l’inverse, des effets néfastes de la sédentarité sur le système immunitaire sont également rapportés.

 

Une activité physique régulière, quotidienne, permettrait au contraire d’améliorer le fonctionnement de l’immunité. Une étude a rapporté que la vaccination anti-grippale chez les sujets âgés est plus efficace chez les sujets qui suivent un programme spécifique favorisant l’activité physique quotidienne (les sujets actifs fabriquant plus d’anticorps protecteurs). Chez les patients soignés pour un cancer, le fait de pratiquer une activité physique régulière lors du traitement de la maladie permet d’améliorer le pronostic. Enfin, il a été démontré que l’activité physique régulière améliore les patients qui souffrent d’une maladie auto-immune comme la polyarthrite rhumatoïde par exemple.

 

En conclusion, on peut considérer que la pratique régulière d’une activité physique modérée améliore le fonctionnement du système immunitaire, mais que la pratique d’efforts musculaires exténuants pourrait au contraire l’altérer.

 

Divi Cornec

| MCU, Mayo Clinic, Rochester, Minnesota, USA