Rapport 2015 « Panorama santé » de l’OCDE et sédentarité

Auteur : Comité scientifique agircontrelasedentarite.org

L’OCDE (Organisation de Coopération et de Développement Economiques) vient de publier le « panorama de la santé 2015 » (les indicateurs de l’OCDE, Editions OCDE, Paris) qui présente les données sur les principaux indicateurs et les systèmes de santé des 34 pays membres.

 

Outre l’évolution des dépenses pharmaceutiques, du personnel médical, des services de santé, de l’accès aux soins, de la qualité des soins, du financement, ce panorama fait le point sur l’état de santé des populations et les déterminants non médicaux de la santé.

 

L’état de santé

Les français vivent plus vieux que la moyenne des habitants de pays riches : 82,3 ans en moyenne (soit une augmentation de 10 ans depuis 1970) contre 80.5 ans dans les autres pays.

Même si l’écart entre les sexes est plus faible qu’autrefois, il reste encore des différences. Les françaises ont une espérance de vie de 85.6 ans et arrivent juste après les Japonaises et les Espagnoles. L’espérance de vie à la naissance augmente donc de trois à quatre mois par an. L’organisation cite comme principales raisons : un mode de vie plus sain, une meilleure éducation et une amélioration des soins de santé.

 

Les facteurs de risque

Néanmoins, le rapport montre que chaque pays présente de mauvais résultats pour un ou plusieurs facteurs de risque pour la santé. En France, le tabagisme et l’alcoolisme sont pointés (en 30ème position pour ces 2 indicateurs). Même s’il baisse dans les 15 dernières années, le pourcentage de fumeurs quotidiens est de 24 .1% en France.

 

Par ailleurs, les Français consomment en moyenne 11.1 litres d’alcool (13.8 L par an en 2000) ; seuls les Autrichiens (12.2 L), les Estoniens (11.8 L), les Tchèques et les Hongrois (11.5 L) ont une consommation encore supérieure.

Arrêtons-nous sur les facteurs de risque cités par l’OCDE :

  • L’organisme tient compte du tabagisme, de la consommation d’alcool, de l’obésité chez les adultes et du surpoids et obésité chez les enfants. Il ajoute, dans les déterminants non médicaux de santé, la consommation de fruits et légumes chez l’adulte.
  • La sédentarité et l’inactivité physique n’apparaissent pas en première ligne comme facteurs de risque modifiable pour la santé des sujets. Etonnant ! Car la sédentarité est considérée, par l’OMS, comme un facteur de risque à égalité avec le tabac et avant l’obésité.
  • Ne pas parler de l’inactivité physique est surprenant d’autant que l’OCDE insiste sur  les maladies cardio vasculaires qui restent, malgré un recul récent, la première cause de décès (32%). Il est probable que le recul ne se maintiendra pas en raison de la hausse des facteurs de risque comme l’obésité et le diabète. La sédentarité n’est pas mentionnée.
  • C’est uniquement dans chapitre cancer (25% des causes de décès) que la sédentarité est simplement citée : «  les facteurs de risque modifiables comme le tabagisme, l’obésité, le manque d’exercice, l’exposition excessive au soleil sont à l’origine de 90 à 95 % de tous les cancers».
  • L’OCE souligne pourtant l’importance pour les pays d’accorder davantage de priorité à la promotion de la santé et à la prévention des maladies afin de réduire les facteurs de risques modifiables et la mortalité.

Pourquoi l’OCDE n’attache pas plus d’importance à l’inactivité physique et à la sédentarité ?

 

Très certainement par la difficulté actuelle à mesurer ces paramètres, ce qui rend l’analyse aléatoire. En effet, pour le moment, l’activité physique d’un sujet est simplement estimée sur un questionnaire déclaratif qui, on le sait, surestime la réalité de l’activité physique quotidienne.

 

En conclusion

Ne nous trompons pas sur les chiffres « santé » de l’OCDE et l’absence d’analyse sur la sédentarité. Dans les années à venir, grâce notamment au programme « Bouge » qui mesure avec une fiabilité optimisée l’activité physique du porteur (nombre de pas) mais aussi le temps cumulé de sédentarité, des études pourront être menées en respectant l’anonymat éthiquement imposé à toute recherche médicale.

 

Comité scientifique agircontrelasedentarite.org