Activité physique et Cancer

L’activité physique a de nombreux effets bénéfiques sur la santé et notamment pour la prévention de maladies chroniques dont le cancer. Le Bénéfice de l’activité physique après le diagnostic de certains cancers a également été démontré en termes d’amélioration de la qualité de vie et de survie.

 

En France, 34 000 et 53 000 nouveaux cas de cancer du côlon et du sein sont diagnostiqués chaque année. La PRÉVENTION de la survenue de ces cancers représente donc un véritable enjeu de santé publique pour lequel l’activité physique pourrait jouer un rôle important. En effet de nombreuses études montrant une association entre prévention du cancer du sein et du colon et activité physique (AP) ont été publiées ces dernières années. Le dernier rapport du Fonds Mondial de recherche contre le cancer (2009) va dans le même sens et conclut que, sur les 10 millions de nouveaux cas de cancers par an dans le monde entier, 30% des cancers du sein et du colon pourraient être évités avec un mode de vie plus sain associant AP régulier et alimentation riche en fruits et légumes. Le plus grand nombre d’études réalisées a pour le moment concerné le cancer du côlon et du sein mais il est également démontré une diminution du risque de cancer de l’utérus (endomètre). Il existe d’autres cancers pour lesquels quelques publications suggèrent un rôle protecteur de l’activité physique (poumon , pancréas ,prostate , ovaires ) mais les données sont encore insuffisantes pour en tirer des conclusions.

 

Les effets bénéfiques de l’AP sont multifactoriels et s’expliquent entre autre, par leurs effets bien démontrés sur la diminution et/ou la moindre prise de poids. Les effets de l’activité physique régulière sur la diminution de la masse grasse sont bien démontrés y compris sur les sujets de poids normal. L’une des hypothèses les plus souvent évoquées est celle des variations des concentrations de certaines hormones qui pourraient modifier la balance entre prolifération et mort cellulaires. D’autres mécanismes biologiques ont été proposés (diminution du stress oxydatif, effets sur l’immunité, diminution de la micro inflammation, etc.).

 

En plus de cet effet positif de l’AP sur la prévention primaire (avant l’apparition de la maladie), il existe également des bénéfices bien reconnus pendant et après les soins. Une grande méta analyse récente sur l’activité physique et le cancer du sein et du colon a démontré qu’une activité physique régulière après le diagnostic est associée à une diminution de risque de mortalité.

 

Il existe également un impact positif important de l’activité physique sur le PSYCHISME dans le contexte de la cancérologie. En effet comme toute démarche de soins de support, l’activité physique propose au patient une implication active pendant ou après les traitements (chimiothérapie, radiothérapie) et cela a un effet très bénéfique sur l’estime de soi et la qualité de vie. Un des freins souvent avancé par les patients est la FATIGUE. En effet, celle-ci est la principale plainte fonctionnelle retrouvée chez 70 à 96% des patients atteints de cancer notamment en cours et dans les suites des traitements. L’origine de cet état de fatigue reste complexe et est certainement multifactorielle. Plusieurs études ont démontré qu’une activité physique adaptée était la seule thérapeutique non pharmacologique validée pour baisser ce niveau de fatigue. Elle diminuerait de 36% ce symptôme quel que soit le moment de la prise en charge (18% pendant les traitements et 37% à distance). Cette activité doit débuter le plus précocement possible, mobilisant les quatre membres et alliant plaisir, convivialité, écoute et sécurité. Elle doit être suivie et bien entendu adaptée à l’état du patient, impliquant donc un encadrement médicosportif et des évaluations régulières.

Dr. Gwénaelle Madouas

| Médecin du sport

| Médecin des équipes de France de cyclisme sur piste