Avis du cardiologue

Les bénéfices de la pratique régulière de l’activité physique sont maintenant clairement démontrés.

 

Elle diminue de 40% la survenue d’évènements cardiovasculaires, de 50% la survenue d’un diabète chez des patients intolérants au glucose.

A contrario, une très faible capacité fonctionnelle d’effort est un facteur de risque indépendant de morbi-mortalité plus fort que l’âge.

 

Ces effets bénéfiques sont particulièrement évidents dans la lutte contre les facteurs de risque cardiovasculaires (fréquence cardiaque, tension artérielle, métabolisme lipidique et glucidique, fibrinolyse, etc.)

 

Toutefois, si la prescription d’une activité physique est fondamentale tant en prévention primaire qu’en prévention secondaire, elle doit respecter deux principes :

  1. D’une part la régularité de la pratique (minimum de 3 à 4 séances de 45 mn par semaine).
  2. D’autre part l’intensité des exercices. En effet, selon la classique courbe en «  J », les effets bénéfiques apparaissent à partir de 40 % de la fréquence maximale théorique (FMT), puis augmentent en fonction de l’intensité de l’exercice mais diminuent au dessus de 80% de la FMT. La FMT est égale à 220 moins l’âge ; par exemple, pour un sujet de 60 ans, la FMT est de : 220 -60 = 160. Dans cet exemple, les effets bénéfiques sont réels pour une activité physique entrainant une fréquence cardiaque entre 64 et 128 battements par minute.

Il faut donc bien différencier la pratique d’une activité physique régulière de celle d’une activité sportive. Cette dernière implique une forte intensité d’exercice qui, associée à l’esprit de compétition, augmente considérablement la demande cardiaque et ne peut donc correspondre qu’à des patients déjà entrainés, sans pour cela augmenter significativement les bénéfices attendus.

 

Au titre de la prévention, il faut retenir que la pratique d’une activité physique régulière à intensité moyenne permet déjà d’obtenir de grands bénéfices. Mais pour qu’elle soit bien suivie, il convient bien sûr de l’adapter à chaque patient, de façon individuelle, en tenant compte des pathologies associées éventuelles (cardiaques mais également pulmonaires ou de l’appareil locomoteur), du passé sportif ou non et de l’environnement.

 

Enfin chez des patients très sédentarisés, le simple encouragement à des activités quotidiennes (marche, montée des escaliers , jardinage) peut déjà constituer un déclic permettant de plus impliquer le patient et de créer en lui une motivation , élément indispensable pour la poursuite et l’augmentation future de son activité physique.

 

Dr. Philippe Poinson

| Cardiologue - Diplômé de Cardiologie du Sport