La baisse de la sédentarité par application smartphone est aussi efficace hors et au travail et améliore la qualité de vie

L’activité professionnelle peut participer à la sédentarité, qui touche environ 80% des français entre 18 et 64 ans, car 45 % du temps éveillé est passé en entreprise lors d’un jour travaillé moyen et le nombre de poste dit « très sédentaire » au sein des entreprises augmente. Cette augmentation est due au développement des activités tertiaires et l’utilisation croissante des outils informatiques rendant les salariés de plus en plus statiques. Cet accroissement du travail sédentaire tend aujourd’hui à priver une majorité d’individus d’une stimulation physique nécessaire à leur santé et leur bien-être.

 

Objectifs:

  • L’objectif principal de ce travail est de connaitre l’impact d’un programme de lutte contre la sédentarité (application Bouge) chez des sujets salariés en appréciant la variation de l’activité physique pendant et en dehors des heures d’activités professionnelles (www.bouge-application.fr ayant pour but de modifier le comportement sédentaire des sujets avec un objectif: une augmentation de 15 000 pas hebdomadaires à la 12ème semaine du programme).
  • L’objectif secondaire est de connaitre l’impact d’une baisse de la sédentarité sur la qualité de vie.

Matériel et méthode : du 15/03 au 14/06/2015, 263 sujets salariés de 20 entreprises du bassin brestois, ont participé au programme Bouge (chargement sur leur smartphone de l’application Bouge). 183 sujets ont fini le programme mais seuls 146 dossiers étaient exploitables. Sur ces 146 sujets (99 femmes et 47 hommes), 103 (69 femmes et 34 hommes) ont répondu au questionnaire final sur l’amélioration de leur état de santé (échelle d’évaluation de 0 à 10), sur leur sensation de bien-être (questionnaire OMS) et sur leur qualité de sommeil (questionnaire de Spiegel).

 

Résultats : Au départ, la moyenne de pas, par semaine, était de 31 669 (+/- 19 824) avec 43.3 % effectués pendant les horaires de travail. L’augmentation du nombre de pas entre le début et la fin du programme (10 971 pas en moyenne/ semaine) a été faite dans la même proportion entre les activités professionnelles et non professionnelles. Par ailleurs, 40.4 % estiment leur santé meilleure ou nettement meilleure, 70.7 % disent ressentir un bien-être physique et 29.6 % trouve la qualité de leur sommeil meilleure. Ces résultats ne sont pas associés à une augmentation de 15 000 pas (objectif de progression du programme « Bouge »).

 

Discussion/Conclusion : Le programme « Bouge » montre son efficacité dans la lutte contre la sédentarité avec une augmentation harmonieuse de l’activité physique entre les horaires personnels et travaillés. Ce changement d’habitude améliore, à court terme (12 semaines), la qualité de vie des patients. Ces résultats doivent être vérifiés sur une cohorte plus importante et avec une méthodologie différente (questionnaire avant et après le programme).

Léa Lucas

| Thèse de doctorat de médecine - Soutenue à la Faculté de médecine de Brest en Juin 2016